Certaines histoires méritent une deuxième chance. Celle d’Ekolow en réclamait une depuis sept ans. Elle commence dans un cinéma.
Un projet étudiant devenu réel
En 2019, Matthieu, fondateur de PhoneGlass et de tout l’écosystème de réparation qui gravite autour, avait une idée précise en tête : vendre en ligne les pièces détachées Mac récupérées dans son atelier. Le catalogue existait, la vision aussi. Manquaient le temps et les moyens de lancer un vrai site.
Il présente le projet aux Grands Projets de Digital Campus, ce rendez-vous annuel où une trentaine d’entreprises viennent pitcher leur idée devant les étudiants, au Gaumont de Labège. Les élèves votent, les meilleurs projets sont retenus, et des équipes se forment autour d’eux pour toute l’année, chaque mercredi après-midi.
Ekolow passe le cut. Loïs, alors étudiant, en prend la tête avec une petite équipe. Pendant des mois, ils construisent tout : identité visuelle, ligne éditoriale, supports de com, et le morceau principal, une boutique e-commerce. En fin d’année, le projet passe devant un jury. Il repart avec un prix.
De l’école à l’atelier
La plupart des projets étudiants finissent dans un tiroir. Matthieu propose à Loïs de sortir Ekolow du sien : un stage, puis une alternance, pour finir le catalogue et lancer le site pour de bon.
C’est là qu’arrive le premier mur. Le site s’appelait Ekomac. Un cabinet d’avocats mandaté par Apple s’en aperçoit, et le second degré du site (on citait un Steve Jobs bienveillant pour recommander nos pièces) n’a manifestement pas déclenché l’hilarité côté juristes. Le bras de fer était perdu d’avance. Ekomac est devenu Ekolow en quelques jours. Le nom est resté.
La parenthèse
Puis le Covid. Atelier de réparation téléphonie et informatique, PhoneGlass était classé activité essentielle : obligé de rester ouvert quand tout le reste baissait le rideau. Ouvert, mais désert. Des journées entières à tourner à perte, sans pouvoir mettre les équipes à l’abri comme ailleurs.
La facture n’est pas tombée tout de suite. Elle est arrivée un à deux ans plus tard, par effet domino, quand la trésorerie a commencé à tirer la langue. Loïs est parti en agence, puis s’est installé à son compte. Les moyens sur Ekolow se sont asséchés. Le site a survécu quelque temps sur son erre, sans entretien, avant de s’éteindre pour de bon.
Le retour, sept ans plus tard
Début 2026, Matthieu et Loïs remettent le couvert ensemble. La même équipe qu’à la fondation, avec une chose que 2019 n’avait pas : du kilométrage.
Sept ans d’e-commerce, ça se voit. On sait précisément ce qui clochait à l’époque. Les fiches produits tenaient en un paragraphe sans relief, nul pour le référencement et à peine rassurant pour l’acheteur. Aujourd’hui chaque référence est documentée pour de vrai : état exact de la pièce, compatibilité, ce qu’il faut pour la monter soi-même.
Les outils actuels aident à viser plus haut. L’IA nous sert à recouper chaque fiche avec ce qui existe ailleurs et à traquer l’approximation avant qu’elle n’atteigne le catalogue. Un niveau d’exigence hors de portée en 2019.
Le nouveau site est en ligne. Ekolow avait laissé un travail en plan. Il est temps de le finir.